Eloge de la fragilité

 

LEGENDE INSPIREE DE TOLSTOÏ


Un jour un roi de très méchante humeur appelle ses conseillers.

- "Je veux voir Dieu. Si vous n'exécutez pas ma demande vous serez punis sévèrement."
Panique au palais. Mais voici que se présente un berger.
- "Je veux exaucer ton voeu" dit-il au roi. "Regarde le soleil bien en face"
- "Insensé" dit le roi "tu veux que je devienne aveugle? Tu sais bien que le soleil brûle les yeux quand on le regarde en face"
- "Avec tes pauvres yeux, tu voudrais voir Dieu" dit le berger, "alors que tu n'es même pas capable de regarder
une de ses oeuvres ?"
Cette réponse plut au roi qui trouvait le berger sage. Alors il lui demanda encore:
- "Dis moi, que fait Dieu, quel est son secret?"
Le berger lui répondit:" Si tu veux bien, nous allons échanger nos vêtements pour un bref moment"
Mis en confiance, le roi accepte, donne ses habits au berger et endosse les siens.
-"Tu vois" dit le berger, "voilà ce que Dieu fait"

 

LE CANTIQUE DU PAIN  

(MARIE NOELLE)
Le cantique de Marie

La boulangère en son vieux logis, avril venant, a reçu le grain de Dieu,
L'a mis à l'ombre de son humble grenier, l'a semé là pendant neuf mois entiers.
Fais nous le pain Marie, ô Marie
Fais nous le pain car nous avons encore faim.

La boulangère a pris un long chemin, pour s'en aller à la maison du pain.
Pour le pétrir elle a peiné de nuit,l'a mis au monde environ la minuit.
Cuis-nous le pain Marie, ô Marie
Cuis-nous le pain car nous avons faim.

L'a cuit trente ans au feu de sa maison à la chaleur de sa belle saison
A la douceur de son coeur le plus doux, le tendre pain, le pain blond, le pain roux.
Portez-nous le pain, Marie, ô Marie
Portez-nous le pain car nous avons faim.

Après trente ans, l'ayant du four ôté, son fils unique , en ville l'a porté,
A tous les gens affamés d'alentours, le pain nouveau, le pain tout chaud d'amour.
Servez-nous le pain, Marie, ô Marie
Servez-nous le pain car nous avons faim.

Pour trente sols, le marchand l'a vendu, pour trente sols, mille dents l'ont mordu
Au grand repas qui fut un vendredi, servi pour l'homme à l'heure de midi.
Livrez-nous le pain, Marie, ô Marie
Livrez-nous le pain car nous avons faim.

Mais quand l'a vu meurtri, rompu, détruit, le pain vivant qu'elle avait fait de nuit
Comme un agneau par les loups dévoré, la boulangère en grand deuil a pleuré.
Pleurez sur le pain, Marie, ô Marie
Pleurez sur le pain car nous avons faim.

Et vint le jour de Pâque où tout fleurit, printemps annonçant la moisson qui mûtit,
Germe du pain de toute Eucharistie, pain de Marie, Pain de Dieu donnant vie.
Chantez sur le Pain, Marie, ô Marie,
Chantez sur le Pain, nous en avons faim.

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